Il y a une expression qui circule dans la tech américaine depuis quelques mois, et elle mérite votre attention même si vous ne vendez rien à San Francisco : service-as-software.

Et je pense qu’il y a une lesson derrière ça très importante pour nous tous.

L'idée tient en une inversion. Pendant quinze ans, le modèle dominant a été le logiciel vendu en abonnement (le SaaS), un outil qui aide un humain à faire son travail. Le mouvement actuel fait le geste inverse : ne plus vendre l'outil, mais vendre directement le résultat. Ne plus vendre un logiciel à un cabinet d'avocats, mais devenir le cabinet d'avocats, avec l'IA comme opérateur et l'humain en supervision. Y Combinator finance aujourd'hui cette fourche presque à parité avec le logiciel classique. Ce n'est pas une mode de niche, c'est un déplacement de fond.

Le récit habituel s'arrête ici :

"l'IA fait l'intelligence, l'humain garde le jugement et la relation."

C'est vrai, mais c'est tiède, et c'est faux à moyen terme. Il y a plus intéressant à voir.

Ces entreprises ne découvrent pas la distinction entre ce qui est essentiel dans un métier et ce qui n'en est que l'exécution mécanique. Elles l'industrialisent.

Le métier de service classique (le conseil, l'agence, l'étude) vendait les deux dans le même paquet, au même tarif mélangé. Vous payiez l'associé pour son jugement, mais une grande part de la facture, c'était en réalité la production : la recherche, la mise en forme, l'exécution des juniors. Le service-as-software, c'est précisément le geste de séparer les deux. Mettre l'IA là où il n'y avait que de l'exécution devenue commodité, et ne garder l'humain que sur ce qui reste irréductible.

C'est une grille que vous pouvez poser sur à peu près tout votre business.

Sur votre offre. Demandez-vous ce que votre client achète vraiment. Le livrable, ou le fait que quelqu'un en réponde ? La réponse change radicalement ce que vous pouvez automatiser sans rien perdre.

Sur vos prix. Tant que vous facturez du temps, vous facturez de l'exécution, c'est-à-dire exactement la part qui s'effondre. Les boîtes qui montent facturent un pourcentage du résultat livré, pas des heures passées.

Sur votre équipe. La pyramide classique (beaucoup de juniors qui produisent, peu de seniors qui jugent) repose sur une économie de l'exécution humaine qui n'a plus de sens si cette exécution ne coûte presque rien.

Sur votre propre rôle, enfin, et c'est le plus inconfortable. Si quelqu'un découpait votre poste comme ces startups découpent un métier, quelle part survivrait ? Qu'est-ce que votre employeur ou votre client paie réellement quand il vous paie : ce que vous produisez, ou le fait que ce soit vous qui en répondiez ?

Je vous laisse avec cette question, parce qu'elle est le coeur de tout le reste.

Dimanche, dans le rapport, on ne reste pas sur la grille. On la rend opérationnelle : comment isoler concrètement la part irréductible de votre activité, comment reconstruire une offre et un modèle de prix autour d'elle, et ce qu'il faut commencer à faire dès cette semaine, plutôt que d'attendre que quelqu'un d'autre le fasse à votre place.

Pour vous, et pour toute votre équipe !

Le rapport du dimanche, le tactique du mardi et les archives sont réservés aux abonnés. Deux nouveautés pour vous y mettre sans risque.

D'abord, vous pouvez désormais l'essayer 30 jours, gratuitement. Vous lisez, vous décidez ensuite.

Ensuite, et vous êtes nombreux à me l'avoir demandée : voici l'offre de groupe. Un dirigeant qui veut que toute son équipe lise l'Ergon Report, un professeur qui veut le mettre entre les mains de sa promo :

à partir de 3 personnes, le prix passe de 50 € à 17 € par mois et par personne.

Moitié prix sur une offre annuelle déjà réduite de 30 %.
C'est un tarif de lancement, pour cette offre qui m’a été tant demandé.

Et c'est vous qui gardez la main : vous disposez de votre propre tableau de bord pour décider qui a accès, ajouter ou retirer quelqu'un, et tout réorganiser quand vous le voulez.

Ce que nos lecteurs disent

95 % de nos lecteurs sont en Suisse, quelques-uns en France, mais on commence à voir apparaître des lecteurs à l'international ! Et celui-ci m'a fait sourire : il nous vient de Nouvelle-Zélande (aucune idée de comment il a découvert le rapport 🤣).

Je recommande l'Ergon Report à tous les chefs d'entreprise que je rencontre dans mon métier de facilitateur d'achat d'entreprise en Nouvelle-Zélande, pour les préparer à l'arrivée de l'IA dans les entreprises. Les Ergon Reports permettent d'avoir une vision globale et un retour d'expérience documenté sur ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Je le recommande vivement.

Philippe Meneut, facilitateur d'achat d'entreprise, Nouvelle-Zélande

Merci Philippe pour ta confiance et tes retours toujours très intéressant !

À dimanche,

Salim

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